DE SAS EN SAS

DE SAS EN SAS
26.03.2017

rencontre, à l’issue de la séance, avec Rachida BRAKNI, réalisatrice.



Huit femmes en colère

Un film beau, juste et fort, où les cultures se croisent et s’entrechoquent, où les mots sont assénés comme des coups de marteau sur la tête.

 Prix du public - Longs-métrages au Festival du Film de Belfort 2016

En une brûlante journée d’été 2013, Fatma et sa fille Nora prennent la route pour la prison de Fleury-Mérogis. Sur le parking, une petite foule de visiteurs attend déjà. La porte de l’établissement s’ouvre. Une première porte, un premier sas, un premier couloir... C’est le début d’un trajet infernal jusqu’au parloir, mené par un petit groupe d’individus composites.

De Sas en Sas est un film nécessaire.
D’abord, parce qu’il importe de rendre aux femmes un droit de parole que la loi patriarcale ne considère toujours pas comme aussi légitime que celui des hommes. Ici, les gardiens de prison sont fatigués, usés de toujours devoir se battre avec les détenus, jusqu’à se sentir prisonnier eux-mêmes. Ici, les voix des femmes prennent le dessus, roulent, rebondissent, se chevauchent et se battent, amplifiées par les quatre murs du sas.

De Sas en Sas est un film sensuel.
La photographie, très claire, d’une blancheur pâle tirant sur le jaune ; les costumes des comédiennes, rouges ou oranges, leurs peaux mates, la sueur dégoulinant sur leurs fronts ; les murs dont la matière s’effrite, la fontaine à eau. Vide. Tout est fait pour nous faire sentir l’insupportable chaleur de la canicule. On est dans une salle de cinéma, mais on a du sable dans la bouche.
De Sas en Sas est un film sensible. Pour ces femmes épuisées, venues visiter un proche privé de sa liberté, plus l’attente se fait longue, plus les nerfs se font fragiles. Dans un concert de dialogues bruts et percutants, les langues se délient, les accusations fusent comme des balles de revolver, la défense riposte du mieux qu’elle peut. Cris, larmes, rires, bagarres, étreintes… à travers l’émotion des protagonistes, c’est le procès de l’humanité tout entière qui se joue à huis clos, sous nos yeux.

Enfin, De Sas en Sas est un film artistique et métaphysique.
Comme Almodovar – qui avait lui aussi, d’une autre manière, dressé le portrait de femmes au bord de la crise de nerfs – Rachida Brakni joue sur la symbolique des couleurs : rouge est la colère, noires sont la violence, la guerre et la mort, blanche est la paix. Tous ces concepts, toutes ces idées, toutes ces valeurs, s’alternent, s’inversent et se remplacent jusqu’au dénouement.
Pour toutes ces raisons, De Sas en Sas est un film à voir.


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