JE NE SUIS PAS UN SALAUD

JE NE SUIS PAS UN SALAUD
25.03.2016

rencontre, à l'issue de la projection, avec Emmanuel FINKIEL, réalisateur


Nico­las Duvau­chelle est à l’af­fiche de Je ne suis pas un salaud. Un nouveau rôle d’écor­ché vif pour l’ac­teur qui connaît bien le registre. Et qui est toujours plus convain­cant.

Quel acteur ce Duvau­chelle. À force de le voir traî­ner sa gueule d’ange sur les plateaux de tour­nages depuis main­te­nant dix-sept ans, on en oublie de quoi il est capable. Dans Je ne suis pas un salaud, filmé avec une “vérité docu­men­taire”, il soigne chaque posture, chaque regard, chaque mimique d’in­cer­ti­tude. Nature et brillant. Beau et pathé­tique. Il contri­bue à donner au film son côté tragique et hale­tant. Nommé deux fois aux César, en 2004 dans la caté­go­rie meilleur espoir pour Les corps impa­tients de Xavier Gian­noli et en 2012, dans la caté­go­rie meilleur acteur dans un second rôle pour Polisse de Maiwenn, il pour­rait se hisser dans la compé­ti­tion l'an prochain.

 
Le cinéma, c’est aussi ça. Quand un acteur vous prend par la main et ne vous lâche pas pendant 1 heure 50. On le suit, on le plaint, on s’ac­croche à son destin. Il dispa­raît derrière son person­nage comme le réali­sa­teur s’en émeut en commen­tant l’une des scènes finales du film : “Je le trouve boule­ver­sant, il est à fleur de peau, dans un état de fragi­lité extrême, raconte Emma­nuel Finkiel. On sent qu’il est habité, il EST Eddie.”

 
Eddie, c’est ce “pauvre type” qui, ayant perdu son travail, sombre dans l’al­cool. Un soir de fête, il se fait agres­ser par une bande de voyous. Poignardé, bien amoché, il regagne alors, grâce à son statut de victime, l’es­time de son entou­rage, notam­ment celle de sa femme (Méla­nie Thierry, elle aussi très touchante). Eddie est alors appelé à recon­naître son agres­seur au  commis­sa­riat mais se trompe. Finkiel s’ins­pire ici de faits réels puisqu’un de ses amis a été accusé à tort de la même manière. Je ne suis pas un salaud examine alors la descente aux enfers de cet homme qui, au fond, ne trouve jamais sa place et ne sait pas comment remon­ter à la surface.

 
Emma­nuel Finkiel signe ici son troi­sième long métrage après Voyages, en 1999 pour lequel il avait reçu le César du meilleur premier film, et Nulle part, terre promise en 2009. Cet ancien premier assis­tant de Godard et Taver­nier réflé­chit ici à la pres­sion sociale à être “une belle personne, un bon père, un bon mari, un type respec­table”. Mais aussi à la culpa­bi­lité et au hiatus entre image de soi et réalité.


 
Côté mise en scène, il oscille entre une image ultra-réaliste, avec peu de moyens consa­crés à la lumière, des acteurs filmés sans costumes, coif­fure ou maquillage, et une réali­sa­tion “clipée”. Effets de flous et de textures, compo­si­tions de plans cassés sur une musique signée Chloé, l’une des plus fameuses DJ françaises, Finkiel ne se résout pas à faire du film réaliste un film gris, comme il ne résume pas les hommes à “bons” ou “méchants”.


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