LIBRES !

LIBRES !
05.06.2015

DANS LE CADRE DE LA SEMAINE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE rencontre, à l’issue de la séance, avec Jean-Paul JAUD, réalisateur


Note d'intention de réalisation de Jean-Paul Jaud

Un bref état des lieux énergétique des pays où le film LIBRES ! est tourné.

Les épisodes climatiques majeurs trop fréquents engendrés par le réchauffement climatique, dont les conséquences humaines, économiques et écologiques sont catastrophiques, nous rappellent depuis quelques années l’extrême urgence à préserver l’avenir des générations futures. Les causes sont clairement identifiées. La principale : la majorité des énergies utilisées jusqu’à ce jour par l’homme. L’urgence est donc de trouver des solutions. Nous les connaissons. Elles sont simples. Elles existent déjà. Ce sont les énergies renouvelables, sans oublier bien sur l’énergie la moins chère et la moins la polluante : celle que l’on ne consomme pas.

En 2010 au Japon, le nucléaire assurait 29 % de la production d'électricité du pays. Aujourd’hui le secteur énergétique dépend fortement des importations, notamment des combustibles fossiles. Après l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi entraînant l'arrêt complet de la production d’électricité provenant des centrales nucléaires de tout le pays, ces importations ont considérablement augmenté. Dès que les inspections réalisées par la nouvelle Autorité de sûreté nucléaire (NRA) seront terminées, le gouvernement actuel souhaite redémarrer la production d’électricité issue des centrales nucléaires.

En France, le deuxième pays le plus nucléarisé au monde, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) dénonce l’absence de mix énergétique. Les 75% de l’électricité française sont fournis par 58 réacteurs nucléaires. L’ASN n’exclut pas la survenue d’un accident nucléaire. Le quart de la France serait alors radioactif. Par mesure de précaution, tous les réacteurs seraient arrêtés pour être contrôlés. Il ne resterait alors aux français que 20% d’électricité.

Le Danemark a lancé depuis plus de 30 ans une politique en faveur des énergies renouvelables et s'est fixé l'objectif d'atteindre 50 % d'éolien dans la production d'électricité d'ici 2020, et 100 % d'énergies renouvelables en 2050.

Les acteurs du film : enfants, citoyens responsables et politiques.

Mon film Nos Enfants Nous Accuseront, tourné en 2006 dans une école primaire du village de Barjac dans le sud de la France,  dénonçait les méfaits de la malbouffe et proposait des solutions. Pendant le tournage de ce film, j’ai découvert le rôle fondamental joué par les enfants de l’école de Barjac auprès de leurs parents. Depuis plus de sept ans maintenant, nous constatons l’incidence qu’a eue ce film dans le changement de l’alimentation des familles. Ainsi le cinéma environnementaliste a parfaitement rempli sa mission.

C’est à nouveau avec des «acteurs de la vie», des enfants âgés de huit à treize ans, que LIBRES ! va démontrer qu’il existe des solutions pour sortir de la folie des énergies fossiles, solutions d’un autre siècle. Une fois de plus, j’ai vérifié que les enfants tiendront un rôle d’informateurs, pour une prise de conscience et une modification des comportements chez les adultes. Ils ont été guidés à la fois par des adultes éducateurs qui leur ont montré le chemin à suivre mais aussi par une grande figure politique : Monsieur Naoto Kan, confronté directement à la triple catastrophe japonaise de 2011.

La France : une croyance aveugle dans la sécurité nucléaire.

Le Japon : se confronter à l’irréversibilité.

Le Danemark: ce pays en transition énergétique.

En France, en Charente-Maritime, entre terre et mer, sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde, dans le village de Mortagne-sur-Gironde, à la ferme Bio de La Gravelle, c’est dans un espace d’harmonie entre l’homme et son environnement que s’est déroulé pour des enfants un stage d’été Musique et Nature. Les notes de piano et de guitare se mélangent aux sons de l’univers de la ferme bio abritant les jeunes stagiaires et à ceux des ateliers « Énergies renouvelables ». Ce film nous fera découvrir l’énergie des enfants, rejoignant celle du vent, du soleil et des marées de l’Océan Atlantique. Notre société confisque trop souvent à nos enfants leur liberté. À la ferme de La Gravelle, elle est préservée.

Trois mois après la catastrophe de Fukushima, j’ai ressenti véritablement ce que représentait cette perte de liberté en filmant, pour une séquence de mon film Tous cobayes ?, une cour d’école vidée de ses élèves, un paysage irradié, le crime intergénérationnel ultime. Alors, il y a deux ans, en découvrant ce stage à la ferme de la Gravelle, je n’ai pas pu m’empêcher d’envisager le pire dans cet univers naturellement et culturellement protégé. La ferme de la Gravelle est située à 20 kilomètres à vol d’oiseau de la centrale nucléaire du Blayais, dans la zone d’évacuation obligatoire en cas d’accident nucléaire.

Je suis retourné filmer dans la province de Fukushima pour montrer que cet espace de vie et de liberté n’existe plus, en accompagnant une jeune enfant, Nagomi, et un adolescent, Hiroto, tous les deux pianistes. Ces enfants tentent de trouver leur nouvel espace de liberté. Est-il encore possible ? Ils sont aidés ici par la musique et par des adultes qui les entourent et leur transmettent le savoir, la culture, la réflexion. La grand-mère de Nagomi l’initie à la culture du potager familial. La rencontre avec Jotaro Wakamatsu, un ancien professeur de japonais et poète va ouvrir la parole d’Hiroto, révélant de grandes souffrances et éveillant sa notion de libre arbitre.

J’ai réalisé avec l’aide d’Hervé Kempf, ancien journaliste au Monde et créateur du site Reporterre, une interview de l’ancien premier ministre japonais, Monsieur Naoto Kan. Depuis qu’il n’est plus en fonction, conscient de cette irréversible déstabilisation, Naoto Kan, parcourt la planète en affirmant : -« Le moyen le plus simple de gérer la problématique du nucléaire, c’est d’en sortir ».

Après Fukushima, j’ai découvert un endroit reconnu par de nombreux pays, comme étant un exemple planétaire : L’île de Samsø au Danemark. Samsø a été nommée, en 1997, l'Île de l’Énergie Renouvelable du Danemark. C’est une île 100% autosuffisante sur le plan énergétique. Ce petit bout de terre, si ressemblant à la région de Mortagne-sur-Gironde, inspire le monde entier. C’est guidé par les  enfants habitants sur L'Île de l’Énergie, que le film démontrera les réelles solutions pour une transition énergétique respectueuse de notre écosystème. Cette histoire de la transition énergétique de Samsø, orchestrée par Søren Hermansen, a entraîné dans son sillage tous les habitants de cette île. Jorgen Tranberg, agriculteur et propriétaire d’une éolienne, Arne Kremer Jensen, agriculteur et responsable de l’usine de biomasse du sud de l’Ile de Samsø, ou Brian Kjaer, l’électricien de Samsø, ont expliqué aux enfants comment ils sont parvenus en pensant « Simplement » à réaliser cette transition.

Une narration, essentiellement basée sur les personnages du film.

Il n’y aura pas de commentaires, de voix off dans le film LIBRES !

La musique, clef de voûte de ce film.

Enfin, je tiens à ce que, comme le ciel, la terre que nous avons en commun, la musique dans tous ses états, omniprésente dans le quotidien de ces enfants, soit un lien étroit et sensible qui fera ressentir au spectateur, ce bien commun sacré sur lequel nous devons tous veillé.

En France, des œuvres de Jean-Sébastien Bach et Ludwig Van Beethoven résonneront au piano ou à la guitare, mais aussi des compositeurs plus contemporains. Au Japon, ce sera une chanson écrite par les enfants réfugiés de la province de Fukushima-Daiichi et composée par leur professeur de musique, mais aussi quelques mélodies anonymes japonaises. Au Danemark, le surprenant Festival de Samsø nous plongera dans l’univers de la musique énergisante électro avec Kato vs. Safri Duo.

A propos de Jean-Paul Jaud
Diplômé de l’école de cinéma Louis Lumière, Jean-Paul Jaud réalise tout d’abord des documentaires et des directs de télévision. En 1984, il est un des pionniers de Canal + où il invente une nouvelle manière de filmer le sport.
Profondément marqué par la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986, Jean-Paul Jaud prend définitivement conscience de l’urgence écologique planétaire. Il décide  alors avec son épouse Béatrice Camurat Jaud de créer sa propre société de production, J+B Séquences, au sein de laquelle il réalise des films dans une totale liberté.
En 2008, lors de la sortie du film, NOS ENFANTS NOUS ACCUSERONT au cinéma, il prend un tournant plus militant. Pressé par l’urgence écologique et intimement convaincu que le cinéma a un rôle essentiel à jouer dans la sauvegarde de notre écosystème et de la planète, il dénonce et choisit de mettre en exergue des solutions.



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