SE BATTRE

SE BATTRE
09.10.2015

EN PARTENARIAT AVEC SOLIDARITÉS NOUVELLES POUR LE LOGEMENT rencontre, à l’issue de la projection, avec Andréa SANTANA, réalisatrice. « Se battre », un film qui rend hommage à ceux qui luttent pour survivre .


Pour nombre de nos concitoyens vivre se dit souvent survivre. Les accidents de la vie familiale, professionnelle, médicale, sociale sont venus briser un parcours qui devait être celui du bonheur et de la réussite.
Pour certains jeunes le parcours est barré dès le départ et ne leur permet pas de trouver leur place dans notre société. Pour d’autres âgés les conditions se dégradent et ils se retrouvent progressivement appauvris et rejetés.
Depuis 1988, Solidarités Nouvelles pour le Logement propose à des personnes ou des familles très démunies un logement temporaire à faible loyer, le temps de retrouver les moyens de faire face à la vie, avec un accompagnement professionnel par un travailleur social et un accompagnement amical de proximité par des bénévoles.
Avoir un toit, c’est indispensable pour être en sécurité, s’abriter, dormir ; pour vivre en famille, inviter, recevoir ; pour avoir une adresse, s’identifier à un lieu, une région ; pour se développer, tisser des liens, vivre ses passions. 
Le groupe local de Massy et Verrières-le-Buisson existe depuis 20 ans ; il dispose de 28 logements et 142 personnes ou familles habitent ou ont habité ces logements.
Actuellement, 48 bénévoles assurent l’accompagnement, la recherche de logements et de dons, l’entretien des logements, l’accueil et la tenue des dossiers, l’information et la sensibilisation de nos concitoyens…
• SNL Essonne (Association loi de 1901) :
24, rue de l’Alun. 91630 Marolles-en-Hurepoix.
Tél. : 01 69 58 77 58.
• Groupe local de Massy et Verrières :
24, rue Gabriel Péri. 91300 Massy.
• www.snlmassyverrieres.fr courriel : snlmv@laposte.net


« Se battre », un film qui rend hommage à ceux qui luttent pour survivre

Il y a dans ce film ce que nous sommes, ce qui nous anime en tant que citoyens et cinéastes.
Nous sommes arrivés à Givors en novembre 2011 pour ouvrir le chantier du film. Pourquoi Givors? C’est une ville moyenne de 20000 habitants, sise entre le Rhône et le Gier, adossée à la campagne et traversée par l’autoroute qui de Lyon conduit à Saint-Étienne. Elle fut une grande ville ouvrière, son bassin industriel a créé beaucoup d’emplois et attiré nombre d’immigrés venus de toute part. Et puis tout s’est écroulé très rapidement, il n’y a pas si longtemps.
Givors nous semble être emblématique d’une histoire telle que la connaissent une grande majorité de français.
Les personnes que nous avons filmées sont quelques unes parmi les millions qui, dans notre pays, ont des fins de mois difficiles, qu’elles aient un travail ou non.
Ce n’est pas un film sur la précarité ou la pauvreté. C’est un film fait avec des êtres qui traversent cette précarité dans la banalité du quotidien, du chômage, de la survie ou du travail mal payé. Ils sont le paysage à découvrir avec leur vitalité, leur détermination à vivre, leur culture de résistance. En effet, ce n’est pas parce qu’on est pauvre, qu’on est dénué de parole, de rêves, de sentiments, ou qu’on n’est pas dépositaire de mémoire et d’envie de transmettre à ses enfants l’idée d’un monde meilleur.
Nous sommes en train d’accepter petit à petit en France l’idée d’une société à deux vitesses, entre ceux qui ont plus au moins, et ceux qui n’ont plus. Mais être pauvre aujourd’hui chez nous, c’est aussi ne plus être entendu, ne plus être vu ou regardé, c’est se cacher, se taire, et subir un vrai racisme social. Tous ces mots par lesquels on les stigmatise, assistés, déclassés, et tant d’autres qui font mal, provoquent ainsi chez eux un sentiment de culpabilité, tout en les séparant de plus en plus de nous.
Filmer, c’est prendre soin de l’autre. Chacun de nous construit sa vie en se confrontant aux regards des autres. Si ce regard n’existe plus, la vie s’arrête.
C’est pourquoi nous voulions aussi rendre hommage au travail des bénévoles des associations d’entraide, une véritable armée de l’ombre, qui aux côtés des plus démunis essaye de ne pas les laisser seuls. L’évidence avec laquelle certains êtres aident les autres, leur don de soi, est quelque chose d’admirable.
Nous avons eu le sentiment de filmer à Givors la substance d’un pays, sa moelle. Nous avons rencontré le peuple français tel qu’il est tel et tel qu’il maintient vive sa culture de résistance et de générosité, sa part de singularité.
A condition de lui prêter attention. A condition de le considérer et ne pas le laisser dans la solitude.
Jean-Pierre Duret et Andréa Santana  


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