LES JOURS HEUREUX

LES JOURS HEUREUX
14.01.2014

rencontre, à l’issue de la projection, avec Gilles Perret, réalisateur


Les jours heureux,
(Conseil National de la Résistance 27 mai 1943)
Le CNR se réunit pour la première fois le 27 mai 1943, clandestinement, dans un appartement parisien, sous la présidence de Jean Moulin, représentant en France occupée du Général de Gaulle (installé à Londres puis à Alger comme chef de la France libre). Jean Moulin sera arrêté par les nazis en juin de la même année. Lui ont succédé Georges Bidault, démocrate chrétien, puis, à la Libération, le 15 septembre 1944, Louis Saillant, CGT.
Le CNR regroupait :
 huit mouvements de RÉSISTANCE intérieure : "Combat", "Libération zone Nord", "Libération (Sud)", "Francs-tireurs partisans (FTP)", "Front national" (rien à voir avec le Front national actuel), "Organisation civile et militaire" (OCM), "Ceux de la Résistance" (CDLR), "Ceux de la Libération" (CDLL),
 les deux grandes confédérations syndicales de l’époque : CGT (réunifiée) et CFTC,
 six représentants des principaux partis politiques reconnaissant la France Libre, dont le parti communiste, le parti socialiste, les radicaux, la droite républicaine et les démocrates-chrétiens.


Les jours heureux, une utopie réalisée !
A travers les témoignages de grands résistants émaillés d’images d’archives rares, Gilles Perret nous livre ici un documentaire édifiant qui retrace l’histoire trop peu connue du programme du Conseil National de la Résistance et montre sa portée toujours actuelle.
Trois questions à Gilles Perret

Pouvez-vous nous raconter la genèse de ce film ?
 Gilles Perret : J’ai découvert l’existence du texte du programme du Conseil national de la résistance, intitulé « Les Jours Heureux » par ses rédacteurs, lors d’un appel, en 2004, de grandes figures de la Résistance à « faire vivre les valeurs de ce programme, toujours actuelles ». Ça a été pour moi une révélation. Ensuite, j’ai fait mieux connaissance avec ces résistants et leur force, leur optimisme, m’ont incité à aller plus loin dans la transmission de cette histoire. Eux-mêmes tenaient à ce que ce film se fasse, que cette histoire soit racontée pour que les principes édictés dans ce programme puissent éclairer le monde de demain. C’était notamment le cas de Raymond Aubrac et de Stéphane Hessel, deux des grands témoins du film qui sont décédés avant sa sortie. Ce documentaire leur est tout particulièrement dédié.

En quoi consistait ce programme et pourquoi est-il si peu connu aujourd’hui ?

Gilles Perret : Le programme du CNR comportait deux volets. Le premier était un plan d’action immédiate appelant à la mobilisation et la coordination de toutes les forces de la résistance  dans le but de chasser définitivement l’occupant Nazi du territoire. Le deuxième affirmait la nécessité d’un Etat fort détenant les principaux leviers de l’économie et des finances. Il proclamait la nécessaire solidarité à l’égard des plus démunis auxquels il fallait apporter sécurité et protection et exposait les mesures à appliquer dès la libération du territoire : rétablissement du suffrage universel et des libertés fondamentales; instauration d’une véritable démocratie économique et sociale; planification concertée; nationalisation des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques; plan complet de sécurité sociale; retraite pour les vieux travailleurs; extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales, etc. Une grande partie de ces mesures furent mises en application à la Libération par le Général De Gaulle qui s’y était engagé. Nous en bénéficions encore tous les jours mais une grande majorité des français en ignorent la provenance. En effet, l’histoire de la Résistance nous a toujours été racontée à travers ses faits d’armes. La pensée politique qui l’accompagnait n’a pas été enseignée. Je crois que c’est dû au fait qu’en période de gaullisme, il n’était pas de bon ton de rappeler que la provenance de toutes ces avancées sociales était de gauche, d’inspiration à la fois socialiste et communiste. Ensuite, à partir des années 80 et de l’arrivée du néo-libéralisme, les gouvernements de droite comme de gauche se sont employés à détricoter ce programme avec les privatisations, la mise en concurrence des services publics, etc. Plus personne n’avait donc intérêt à rappeler cette histoire, qui est celle de la vraie gauche !

Dans la dernière partie du film vous allez à la rencontre de différentes personnalités politiques afin de leur demander de se positionner par rapport aux valeurs du CNR, pensez-vous qu’une telle révolution sociale soit encore possible aujourd’hui ?
Gilles Perret : Effectivement bien que les hommes politiques de tous bords aient tous évoqué le programme du CNR dans leurs discours, dès que l’on souhaite mettre en parallèle leurs actions et le contenu de ce texte, certains se braquent…  jugeant totalement irréaliste l’application d’un tel programme aujourd’hui. Pourtant, au sortir de la seconde guerre mondiale, la France était un pays ruiné. Et le programme du CNR a permis, de restaurer la république et de mettre en place des barrières et des règles qui ont permis de ne pas revivre le marasme des années 30, consécutif à la crise financière de 1929. Toutes ces mesures visaient à imposer un état fort avec des politiques volontaristes sur le plan social et économique. N’est-ce pas ce dont nous aurions besoin aujourd’hui face à la domination de la finance et du seul pouvoir économique ?



Gilles Perret

A quarante cinq ans, Gilles Perret compte douze documentaires longs, ancrés pour la plupart dans la réalité de ce pays qui est le sien, les Alpes.
C’est sa manière à lui de se plonger dans le tourbillon du monde actuel. Il s’attarde chez ses voisins de vallée pour mieux aborder la réalité du monde politique et économique mondiale... C’est ce regard singulier qui a fait le succès de « Ma mondialisation », sorti en salle, diffusé sur France 3, puis Arte, et fort remarqué dans la presse.
Deux ans plus tard, ce regard se posera une fois de plus sur un voisin, ancien résistant, ancien déporté, et le film « Walter, retour en résistance » qui pose la question de savoir si le verbe « résister » peut se conjuguer au présent. Un succès dans les cinémas qui a agité le monde politique
Puis, c’est sur le monde ouvrier, dont il est issu, que Gilles Perret pose son regard avec « De mémoires d’ouvriers » pour analyser ce que sont devenus ces travailleurs du début du XXème siècle à nos jours.
Ses escapades sociales et économiques ne lui ont cependant jamais fait oublier la montagne...et ceux qu’elle fascine. Gilles aime se frotter aux sommets en compagnie de ses amis les alpinistes comme Marc Batard dont il a tiré le portrait. Aujourd’hui, il revient sur l’histoire de la résistance et sur sa pensée politique incarnée dans le programme du Conseil National de la Résistance avec le film « Les jours heureux ».



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