PAS SON GENRE

PAS SON GENRE
24.04.2014

EN AVANT-PREMIÈRE NATIONALE séance, suivie d'une rencontre, avec Lucas BELVAUX, réalisateur


SYNOPSIS
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Clément, jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C'est alors qu'il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse, qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines « people » et de soirées karaoké avec ses copines. Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?

Entretien avec Lucas BELVAUX
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Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre en image le roman de Philippe Vilain ?
Je ne connaissais pas le travail de Philippe Vilain. J’ai entendu Clémentine Autain parler de ce roman un matin à la radio, elle en parlait très bien, et son compte-rendu m’a tout de suite donné envie d’en faire un film. J’ai acheté le livre dans la journée. L’adaptation n’était pas évidente car l'histoire est racontée à la première personne. J’aurais pu lui rester fidèle en utilisant une voix off, mais on en restait au seul point de vue du narrateur, et ce regard masculin, les commentaires qu’il faisait en permanence sur le personnage féminin auraient déséquilibré la relation. Ce qui fonctionnait immédiatement, et de manière très forte dans le livre, à mon sens, n'aurait pas eu le même effet dans le film. J’ai choisi de rééquilibrer les points de vue, afin de regarder les deux personnages à la même distance, de les traiter de la même façon parce que, finalement, malgré leurs différences, je suis aussi proche d’elle que de lui.
« Madame Bovary c’est moi », comme disait Flaubert ! Moi, je suis tantôt Clément, tantôt Jennifer.

C’est en adepte de l’autofiction que Philippe Vilain raconte toujours à la première personne, sur un ton froid, distant, avec un regard qui peut sembler brutal... J’aime beaucoup ses livres. Et son style, mais on ne peut pas adapter un style. C'est de l’autofiction, du roman introspectif, une réflexion sur l’amour qui se poursuit d’un roman à l’autre. Dans mon film, l’autofiction s’est perdue en route. Quoi que... Il y a toujours une part de soi qui se glisse dans un film, ou un scénario. Consciemment ou pas. Plus ou moins cachée, dans tel ou tel personnage. Parfois dans plusieurs.

D'où ce regard de cinéaste qui s’interdit de juger ?
Sans doute. C’est une règle générale, presque un dogme. Je ne juge jamais un personnage, j’essaye d’être dans la vérité de chacun, d’accord avec chacun, même avec ceux qui mentent, même avec les pires. Tout le monde a ses raisons disait Renoir. C'est vrai, même si elles peuvent être bonnes ou mauvaises. A partir du moment où on juge un personnage, on le tue. Il devient un pur personnage de fiction, il est alors instrumentalisé et donc sans grand intérêt. Mon point de vue, j'essaie de le donner par la mise en scène.
Aux yeux du spectateur, ce professeur de philo muté à Arras part avec un handicap. Très vite, par la scène de rupture qui ouvre le film, puis par la discussion qu’il a avec une autre ex, on le sent assez rigide dans ses relations avec les femmes. D’emblée, c’était manifeste dans le livre : cet homme est un handicapé sentimental, quelqu’un qui ne peut pas aimer, ni s’engager car pour lui, cela impliquerait de perdre toute possibilité de rester ouvert à ce que la vie réserve. Il considère qu’aimer une femme, c’est s’interdire d’en aimer des millions d’autres. Il ne peut pas renoncer aux millions d'histoires d'amour potentielles pour une seule. Il est sincère sur le moment, mais refuse de promettre à long terme. Au début de son histoire avec Jennifer, il sait qu’à la fin de l’année il quittera Arras, et il ne peut pas envisager de la ramener avec lui à Paris. Quand à vivre avec un enfant, ça lui est impossible.

Est-il pour autant cynique ?
Jamais ! Et d’ailleurs il souffre de ses ruptures, et il sait qu'il fait souffrir la femme qu'il quitte, mais sentimentalement il n’est que dans le présent ! Intellectuellement, il maîtrise ses pensées, son destin, mais dans le domaine de l’amour, l’attachement lui pose un problème.

D’où son refus d’avoir un enfant avec une femme, et ses stratégies d’évitement pour ne pas connaître l’enfant de Jennifer !
Bien sûr, car ce serait une étape de plus dans l’engagement. Il sait que s’il veut un jour quitter Jennifer, il faudra du même coup quitter son fils : un double arrachement, qui fera du mal à deux personnes. Jennifer, elle, fait tout pour lui faire rencontrer son fils car elle sait que c’est une façon de fixer leur amour. Elle est divorcée, et avant de rencontrer Clément, elle forme un véritable couple avec son fils. Elle n’a que lui, il est l'unique objet de son attention, c’est l’homme de sa vie, à ce moment-là.

Un peu comme la Lola de Jacques Demy, cinéaste auquel on pense quand vous montrez la complicité entre cette mère et son gamin : un bonheur presque dansant, très chatoyant. Demy est le cinéaste de la légèreté. Même quand la gravité affleure, chez lui, la légèreté sauve de tout. C’est vrai qu’il y a cette amorce de comédie musicale, la façon dont elle court vers lui, et son goût pour les karaokés. La légèreté de Jennifer, c’est sa dignité, son élégance. Quelles que soient ses difficultés, elle fait tout pour être heureuse malgré tout, c’est quelqu’un pour qui le bonheur se construit, on ne l’attend pas. C’est un personnage debout, toujours.

C’est une femme qui ne s’engage pas à la légère, qui n’embrasse pas facilement, qui se méfie des prédateurs mâles. Elle est généreuse, entière. Quand elle aime, elle aime. Aucun autre homme n’existe. Elle a eu des aventures, des aventures sans lendemain, sans engagement, elle en parle facilement, elle en a l’expérience. Mais elle sait qu'avec l’âge, une coiffeuse, mère célibataire arrageoise de 35 ans, n’est pas à égalité avec un intellectuel parisien qui en a 38. Lui est encore en pleine ascension, intellectuellement, socialement... Alors qu’elle se vit comme étant déjà sur le déclin. Elle ne veut plus d’idylle furtive, elle ne veut plus n’être qu’un objet de désir fugitif, elle cherche celui avec qui elle pourra construire quelque chose pour la vie. Elle se pomponne, fait en sorte d’être toujours jolie, de rester désirable, de faire bonne figure, et ça, avant même de le connaître. C'est sa façon d'être, sa politesse en quelque sorte.
Lui, elle va le mettre à l’épreuve, le jauger, l’évaluer. Est-ce qu’il l’aime ou pas, cela reste sa question pendant tout le film. Peut-être est-elle plus philosophe que lui, au quotidien !

Elle est touchante dans sa bonne volonté à se montrer digne de lui, à essayer de comprendre Kant ! Elle comprend qu’en dédaignant les études, elle s’est interdit un avenir possible. Elle sait, ou elle comprend, que si elle perd cet homme, c’est par impossibilité de le rencontrer intellectuellement. Elle remet sa vie en perspective. Si Clément risque de la quitter, ce n’est pas parce que c’est un salaud, un dragueur. Ce n’est pas non plus une question d’intelligence, car elle est intelligente. C’est une question d’acquis, de fossé culturel. A part cette fracture culturelle, rien ne les empêche de s’aimer, ils sont tous les deux libres, sentimentalement et financièrement... Tout est possible, et pourtant ça ne le sera pas. Ils s’aiment, mais ils ne pourront pas s’aimer en même temps, avec la même intensité et surtout, ils ne pourront rien construire de commun.

Le thème de la fracture sociale est récurrent dans vos films.
Oui, mais ici, il s'agit plus d’une fracture culturelle que d’une fracture sociale. Mais c’est toujours un faisceau de choses qui déclenche un désir de film, en particulier une attirance immédiate pour des personnages. Là, autant elle que lui m’ont séduit. Quand j’ai lu le livre, j’ai eu envie de les voir, de les faire parler, s’aimer, se confronter.

Leur premier rapport sexuel est précédé d’une belle scène où l’image et le son sont décalés...
Pour moi c’est le début de la scène d’amour. La transition du premier baiser au premier contact des peaux. Durant tout ce trajet vers lui, on entend ce coup de téléphone où elle lui annonce qu’elle va le rejoindre. J’avais envie que ce temps là fasse déjà partie du rapport amoureux. Et surtout, que cette première nuit d'amour soit le fruit d'une résolution : ce n’est pas un moment d’égarement, c’est un cadeau qu’elle lui fait, quelque chose de réfléchi. C'était important de montrer cette décision, ce choix réfléchi, et le poids que ça peut avoir pour elle. Si lui a un côté adolescent par son indécision, Jennifer, elle va s'offrir. Et lui offrir son corps n’est pas anodin. Elle s'offre "corps et âme" car pour elle, l'un ne va pas sans l'autre.

Comment avez-vous appréhendé les scènes d’amour ? La première est axée sur le souffle, la respiration, les visages. Filmer une main sur un corps ne raconte pas grand-chose, et ça ne m’intéresse pas de montrer les seins, le corps de l’un, de l’autre. Ce qui est important c’est ce qu’expriment les visages. Dans ce genre de scènes, comme dans les scènes de violence, il faut faire attention à ce qu’on veut raconter, ce qu’on veut faire passer. Il faut éviter le spectacle. Je ne veux pas que le spectateur ressente du plaisir à une scène de violence ni qu’il soit voyeur lors d’une scène d’amour. La scène dont vous parlez est la première où les corps se touchent, ça reste un moment rare. Ce qui m’intéressait c’était ça, l’émotion de la première fois. D’où le temps, la longueur de la scène, les visages. Il fallait recréer l’impression d’intimité, et cette espèce de moment de grâce, d’abandon absolu.

C’est la seule fois où Clément est sur le point de lui dire qu’il l’aime...et elle l’en empêche. Les mots ont beaucoup d’importance pour elle, ils ne doivent pas être galvaudés. Et là, ce n’est pas le bon moment. Avant peut-être, dans la rue, ou plus tard. Mais là, juste après le plaisir, ce n’est pas possible. Elle veut être sûre qu’il soit sincère. C’est une façon de se protéger.

Et puis il y a cette scène à l’hôtel où elle veut qu’il la regarde pendant qu’ils font l’amour. Mais il continue à fermer les yeux, concentré sur son propre plaisir. Là elle a déjà pris la décision de s’en aller, elle sait que c’est la "dernière fois", comme il y a eu une "première fois". Elle fait une ultime tentative pour vivre quelque chose de fort avec lui. C’est une scène d’amour qu’elle vit dans la souffrance. En fait, ce n'est plus une scène d'amour ! Elle tente de lui faire comprendre qu’il la traite comme une prostituée. C’est filmé comme ça. Elle se met en scène comme ça.

Aviez-vous des références en tournant ?
Je n’en ai jamais. C’est après coup que l’on peut se dire que, peut-être, il y avait du Truffaut dans Pour rire !, ne serait-ce que parce que la présence de Jean-Pierre Léaud pouvait donner au film un côté post-Antoine Doinel. Cavale pouvait évoquer une influence de Jean-Pierre Melville. Cette fois, je ne vois pas. C’est un film à deux personnages qui parlent et il fallait l’assumer tranquillement. Faire confiance aux personnages, aux dialogues, à la situation. A certains moments, dans les scènes du karaoké ou du carnaval, j’ai pu me lâcher. Mais sinon il fallait ne pas avoir peur des champs-contrechamps. Je voulais rester proche d’eux, bouger avec eux, être en intimité avec eux. Je voulais donner de l’espace aux comédiens, les laisser jouer. Le champ-contrechamp permet ça, on enregistre de longues scènes en une seule prise, que l’on monte après, mais où l’acteur a pu jouer 3 ou 4 minutes sans être interrompu. Pendant ces minutes-là, le temps appartient à l’acteur. Et l’espace aussi, l’espace à l’intérieur du cadre. Mais je ne me suis pas interdit les plans séquences, non plus...
J'ai essayé d'être le plus libre possible.

Y a t-il une satire du milieu intellectuel ?
Non. Un personnage ne vaut que pour lui, il n’est pas nécessairement emblématique d’un milieu. Ceci dit, je pense que la culture ne sauve, et ne protège, de rien. On est d’abord mû par notre inconscient, nos pulsions, ni la culture ni l’intelligence ne sauvent d’un comportement. La force, la beauté d’un être humain est au-delà de ces « qualités ». Elle est question de générosité, d’attention aux autres, de liberté de penser, de faculté à donner et recevoir.

Jennifer a tort une fois, lorsqu’elle soutient que l’intérêt du roman d’Emile Zola qu’elle est en train de lire réside dans l’histoire. A ce moment-là Clément lui explique que l’intéressant, dans Au bonheur des dames, ce n’est pas l’histoire que raconte Zola, c’est ce que raconte cette histoire. Cette intervention, vous pourriez la revendiquer pour votre film ?
C’est ma théorie. Une réponse à la fameuse phrase d’Hitchcock, selon laquelle pour faire un bon film il faudrait trois ingrédients : d’abord une bonne histoire, ensuite une bonne histoire, et enfin une bonne histoire. Non, évidemment non ! Cela ne fonctionne pas comme ça ! L’histoire, on en a besoin, c’est une façon de rendre le propos agréable, digeste, mais ce qui est intéressant c'est ce que cette histoire raconte du monde, de l'époque, de nous, des autres.

Jennifer se projette dans cette histoire !
Forcément. D'ailleurs, le passage que lit Clément, qui est un portrait de Denise, l’héroïne de Zola, c'est un portrait de Jennifer !

L’histoire se déroule à Arras. C’est votre univers !
Je n’ai pas eu à tricher, c’était dans le livre ! Les deux grandes places d’Arras m’apparaissent comme des décors de théâtre, des toiles peintes. D’ailleurs ce sont presque des décors puisque toutes les façades ont été entièrement reconstruites après la guerre de 1914. C’est vrai qu’en tant que belge, je me sens chez moi. Les carnavals, les fanfares, la bière, les frites, la convivialité, ce sont des codes culturels que je connais. Clément, lui, n’est pas du coin, il considère cette ville comme un pensum, loin du monde, de son monde, bien qu’elle ne se situe qu’à une heure trente de Paris. Alors ce folklore où l’on se déguise, où l’on fait ce qu’on veut, où l’on se lâche, on boit beaucoup, on mange
beaucoup, on parle fort, on rit fort, on danse, on chante dans la rue, le laisse indifférent. Il est là en spectateur.

Comment avez-vous choisi vos acteurs ?
Pour le personnage de Clément ce n’était pas évident. Il fallait trouver un comédien qui soit beau mec, à l’impact de séduction immédiat, qui soit à la fois bon acteur et crédible en professeur de philosophie. Cela a été long, et je suis très content de Loïc Corbery, qui est sociétaire de la Comédie Française. Je ne le connaissais pas, c'est la directrice de casting qui me l'a présenté. Le test déterminant a été justement le commentaire sur Emmanuel Kant.
Au fil des jours, j'ai découvert un acteur formidable. A la fois très sérieux, très présent, très impliqué, mais toujours dans une espèce de légèreté et de bonheur réjouissants. La relation entre lui et Émilie était assez fascinante à regarder. Il y a eu un bonheur mutuel, je crois, à jouer ensemble, une grande générosité et une grande confiance, aussi.
J'ai beaucoup aimé travailler avec eux. Pour Jennifer, j’ai longtemps hésité avant de voir Emilie. C’est une grande actrice, toujours juste, dont la grande qualité est d’être un phénix. A chaque nouveau rôle c’est une nouvelle actrice, elle se réinvente avec chaque personnage et chaque personnage qu’elle joue, on ne peut pas l’imaginer autrement que ce qu’elle en a fait. Je restais marqué par son dernier rôle, dans A perdre la raison de Joaquim Lafosse, où elle était formidable mais pas du tout conforme à ce que je voulais, or, ce qu'elle fait s'impose avec une
telle force, que je n'arrivais pas à l'imaginer autrement. Et puis je me suis dit que c’était dommage, qu’il fallait que je la voie, et puis, dès la première rencontre ça a été évident. Jennifer ne pouvait être qu'Émilie. C'est une très, très grande actrice, qui allie talent, maîtrise technique, et générosité. Elle donne, elle donne tout, dans un abandon absolu et avec un contrôle du plateau inouï. Elle a beaucoup bossé pour chanter, elle a une énorme capacité de travail. C’est une actrice rare. Elle ne retient rien, elle y va, dans la confiance, la sincérité.

Pourquoi l’avoir teinte en blonde ?
J’avais vu une photo d’elle comme ça, sur internet, au Festival de Cannes, je crois. Et c'était le personnage : fausse blonde, décolorée. Une image fabriquée pour plaire aux désirs de l'autre, tels qu'elle les imagine, en tous cas. Pour Jennifer, "les hommes préfèrent les blondes", forcément. Et puis ça illumine son visage. Ça fait partie de sa volonté d'être toujours "au top", de son refus absolu de se laisser aller, d'abandonner, de renoncer.

Filmographie Lucas BELVAUX
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Réalisation longs métrages :
1992    PARFOIS TROP D’AMOUR
1996    POUR RIRE !
2001    Trilogie : UN COUPLE EPATANT – CAVALE – APRÈS LA VIE
2005    LA RAISON DU PLUS FAIBLE
2009    RAPT
2011    38 TÉMOINS
2013    PAS SON GENRE

Il a également réalisé pour la télévision :
2000    MÈRE DE TOXICO (M6)
2003    NATURE CONTRE NATURE (France 3)
2007    LES PRÉDATEURS (L’affaire Elf, 2 x 120 mn – Canal +)

Au cinéma, on a notamment pu le voir jouer dans ALLONS Z’ENFANTS de Yves Boisset, LA MORT DE MARIO RICCI de Claude Goretta, POULET AU VINAIGRE de Claude Chabrol, HURLEVENT de Jacques Rivette, DÉSORDRE de Olivier Assayas, MADAME BOVARY de Claude Chabrol, GRAND BOHNEUR et ON APPELLE ÇA... LE PRINTEMPS de Hervé Le Roux, DEMAIN ON DÉMÉNAGE de Chantal Akerman, JOYEUX NOEL de Christian Carion, PARS VITE ET REVIENS TARD de Régis Wargnier.
Également dans UN COUPLE ÉPATANT - CAVALE - APRÈS LA VIE et LA RAISON DU PLUS FAIBLE.


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