YVES SAINT LAURENT

YVES SAINT LAURENT
10.01.2014

rencontre, à l’issue de la séance, avec Jalil LESPERT, réalisateur


Passionné de dessins et croquis vestimentaires, Yves Mathieu Saint-Laurent, à la mort de Christian Dior, reprend en main la célèbre maison de couture. Il n’a que 21 ans et lors de son premier défilé qui remporte un triomphe, il rencontre Pierre Bergé. Ils ne se quitteront plus, malgré les frasques du créateur qui sombre dans la drogue et la neurasthénie.
La révolution YSL est en marche…

C’est un biopic lumineux, tendre et cruel, à l’image de son modèle, que livre Jalil Lespert pour son troisième film de metteur en scène. Sous le regard qu’on imagine très attentif de Pierre Bergé, le cinéaste-comédien, dresse un saisissant portrait qu’il replace aussi dans plusieurs époques avec comme fond sonore la guerre d’Algérie, Mai 68 et les années qui suivirent faites d’interdictions d’interdire avec tout le cortège d’abus et excentricités que cela charrie. Partant d’un personnage aussi sûr de son génie que mal à l’aise en société, ne sachant pas remplir un chèque mais doté d’un coup d’œil aussi percutant que son coup de crayon, doté d’un sens du phrasé aussi doux que la soie ou cassant comme du bois sec, le cinéaste va créer une puissante empathie avec son héros car c’est bien connu, on pardonne tout aux génies…

Ces génies trop multiples pour qu’on puisse ne détenir d’eux qu’une seule vérité. Lespert livre celle de Bergé, dont la voix off ponctue le récit. Une vérité qui ose désacraliser le sujet, colérique, cocaïnomane, adultérin mais qu’affranchissent aussi bien le savoir-faire que le mal de vivre. « Tu n’étais heureux que deux fois par an », lui dit Bergé. Au printemps et en hiver. Un bonheur retrouvé mais terriblement éphémère quand arrive l’heure de présenter la nouvelle collection du maître assailli de doutes et pensées noires.

Nous partons donc à la découverte d’une intimité. Jalil Lespert la filme avec un sens soutenu du rythme et du détail. Les décors, de Paris à Marrakech, sont somptueux. Ils occupent une place aussi indispensable qu’accessoire, le cœur du sujet restant la relation de Saint-Laurent au monde qui l’entoure, le courtise, le phagocyte et celle, plus profonde, avec soi-même, ses démons intérieurs, ses obsessions. Magistralement filmées, les séquences de défilés constituent des contrepoints à ce marasme intérieur dont le héros s’avère inguérissable, confèrant à ce biopic son incontournable coloration glamour. Le dialogue est brillant avec cette grâce aristocratique d’une autre époque.

Jalil Lespert s’offre deux sociétaires du Français pour retracer le destin hors normes du révolutionnaire créateur de mode qui drapa les femmes dans des costumes d’hommes.
Amoureux du mot et du verbe, les deux comédiens principaux s’en donnent à cœur joie. Quelques semaines après son triomphal premier film de cinéaste, Guillaume Gallienne campe un Pierre Bergé entre autorité despotique et compassion amoureuse tout à fait passionnant. Le sociétaire de la Comédie Française donne la réplique à son collègue Pierre Niney qui livre une renversante composition dans le rôle-titre. Epaulés par des seconds rôles taillés sur mesure, ils hissent ce troisième film d’un cinéaste décidément à suivre vers le prix d’excellence. Un cinéaste qui assume pleinement la part de rêve qu’il entend offrir au public sans pour autant délaisser les coulisses où se fomentent les vrais tragédies.

L'acteur et réalisateur Jalil Lespert occupe depuis maintenant 18 ans la scène cinématographique française et compte près d’une quarantaine de films à son actif.
Retour sur un destin emprunt de succès…
Jalil Lespert ce n’est pas seulement un réalisateur, c’est avant tout un acteur reconnu.
De Jeux de Plage au remarquable Ressources Humaines
Si aujourd’hui, Jalil Lespert a largement fait ses preuves dans le milieu du cinéma, il ne se destinait pourtant pas à une telle carrière. En effet, c’est parce qu’il accompagnait son père, (comédien de théâtre) à un casting qu’il fut remarqué par le réalisateur Laurent Cantet et obtint son premier rôle pour le court métrage Jeux de plage en 1995.
Quatre ans plus tard, il décide de suspendre ses études, poussé par l’envie de revenir devant les caméras. Il obtient alors son premier grand rôle dans Nos vies heureuses de Jacques Maillot. Mais c’est l’année suivante, alors âgé de 24 ans, que Jalil Lespert connaît un immense succès avec Ressources Humaines. Dès lors, il enchaine les films et incarne des personnages atypiques comme celui d’un immigré italien dans Bella ciao (2001),  d’un boxeur dans Virgil (2005), d’un jeune officier de police dans Le petit lieutenant (2005) ou encore celui d’un homme d’affaire dans la série Pigalle la Nuit, diffusée sur Canal + (2009).
Acteur, Jalil Lespert est également un réalisateur accompli.
Touche à tout, Jalil Lespert décide de passer derrière la caméra en 2001. Gardant en parallèle sa casquette d’acteur, il réalise le court-métrage Coffee N’Dreams. S’en suivent De retour (2004), 24 mesures (2006) dans lequel il dirige notamment Benoît Magimel et Sami Bouajila, Eastern (2008), l’excellent Des vents contraires (2011) où de nouveau, il fait appel à Benoît.Magimel.
Un talent quadruplement récompensé
Impossible pour les professionnels du 7ème art de passer à côté du phénomène Lespert. Par le biais de prix prestigieux, ils récompensent son talent à diverses reprises. Son premier titre, Jalil Lespert le remporte à seulement 23 ans avec le Prix d’interprétation du Festival International du court-métrage de Clermont-Ferrand. Son rôle dans le film Ressources humaines de Laurent Cantet lui vaut une L’étoile d'or de la révélation masculine et le César du meilleur jeune espoir masculin en 2001. Son film Des vents contraires écope du Prix Jeune Public de la Meilleure Adaptation en 2011, au festival du film du Croisic.


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