LE SAC DE FARINE

LE SAC DE FARINE
10.03.2014

DANS LE CADRE DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES PAROLES DE FEMMES ET LE COLLECTIF DU 8 MARS 2014 VOUS PROPOSENT UN DÉBAT, À L’ISSUE DE LA PROJECTION, LE LUNDI 10 MARS À 20H45 avec Kadija LECLERE, réalisatrice.


Alsemberg, décembre 1975 : Sarah, 8 ans, vit dans un foyer d'accueil catholique. Un jour, son père biologique qu'elle n'a jamais vu se présente pour l'emmener en week-end à Paris. Mais c'est au Maroc que Sarah se réveille, où son père l'abandonne à sa famille. Neuf ans plus tard, en pleine révolte de la faim (La Révolte des Awbach). Sarah, 17 ans, rêve de retourner en Belgique et de retrouver l'école, les livres et une vie qu'elle imagine libre…

Sarah, (admirablement interprétée par Rania Mellouli, qui joue ici son premier rôle au cinéma), est une petite fille de huit ans qui se trouve à Alsemberg en Belgique, dans un foyer pour enfants tenu par des religieuses. L’action du film débute en 1975. Elle ignore tout de ses parents et sans doute cherche-t-elle dans la figure du prêtre auquel elle va se confesser plusieurs fois par semaine – jusqu’à l’exaspération de celui-ci – une figure paternelle. Mais un jour, et sans crier gare, son véritable père vient la chercher en lui promettant une visite à Paris. C’est donc de bon cœur que Sarah, très heureuse de voir enfin son père, le suit dans la voiture familiale. Au lieu de Paris, c’est au Maroc qu’elle se réveillera après un long voyage passé sous l’emprise des somnifères…
Dès les premières séquences de son film, Kadija Leclere, met en place les thématiques fortes qui ne cesseront de le parcourir. Citons tout d’abord celui de la double culture puisque le film se partage entre ces deux pays, la Belgique et le Maroc. Avec cette question de la double culture se pose celle de l’identité et celle de l’appartenance religieuse. En effet, Sarah grandit dans la foi catholique et s’en remet à Jésus dans ses prières alors qu’en arrivant au Maroc son père lui apprend d’une façon brutale, en lui arrachant le petit pendentif qu’elle porte autour du cou et qui lui a été donné par une bonne sœur qu’ « elle est musulmane ». Mais cet homme en agissant ainsi et en ayant ramené sa fille dans son pays pense l’avoir fait pour son bien : « Ici ce n’est pas la Belgique, et ce n’est pas la Belgique qui va t’éduquer » lui dira-t-il, avant qu’on le surprenne dans les bras de sa mère, presque en larmes, à se demander ce qui se passera si sa fille ne s’habitue pas à sa nouvelle vie ?
Ainsi, Kadija Leclere se garde bien de porter un jugement sur ses personnages (le père n’est ni bon ni méchant, simplement humain) mais elle nous présente une réalité complexe faite de nombreuses contradictions. De plus, c’est à travers le regard de Sarah et de ses deux amies, Karima et Ramona, regards à la fois complémentaires et antagonistes, (il suffit de voir comment chacune considère le mariage pour s’en rendre compte), que la réalisatrice nous décrira de façon subtile la société marocaine des années quatre-vingts ainsi que la condition des femmes dans ce pays. La beauté des paysages du Maroc côtoiera les drames de ses habitants, drames à la fois personnels et sociétaux puisque le film relate également les révoltes liées au pain et à l’éducation qui ont eu cours à Aoubach et qui furent durement réprimées par la police.
Le Sac de Farine est un film à multiples entrées, d’autant plus intéressant, que celles-ci prennent toutes pour origine la vision de Sarah. C’est avec Sarah que nous découvrons la Belgique, c’est avec Sarah que nous découvrons le Maroc. C’est avec elle que nous courons dans les ruelles de ce petit village marocain et c’est avec elle que nous allons faire cuire le pain. Sarah, cet être déraciné, doublement exilé. Sarah qui est seule en Belgique, mais seule aussi au Maroc, puisque son père l’abandonne une nouvelle fois, la confiant aux soins de sa sœur, quelques jours seulement après l’avoir fait venir…Sarah qui, les années ayant passé, fera tout pour retourner dans un pays qu’elle ne connaît déjà plus mais qu’elle imagine : la Belgique.

Kadija LECLERE
Comédienne sortie du Conservatoire Royal d’art dramatique de Bruxelles en 1997, Kadija Saidi Leclère exerce ce métier pendant quelques années avant de travailler comme directrice de casting. Elle réalise en même temps Camille, ensuite Sarah (2002) son premier court-métrage professionnel. Deux de ses courts métrages seront présentés au Med : Camille (2002) et La pelote de laine (2010), son dernier film. En 2010, Kadija tourne son 1er long-métrage Le Sac de farine au Maroc avec Hafsia Herzi dans le rôle principal.

édito
par l’Association Paroles de Femmes
Inlassablement on se pose la même question : pourquoi une Journée Internationale des droits des femmes ?
Inlassablement on rappelle la gravité de ce fait de société :
en 2012 en France, 148 femmes sont décédées sous les coups de leur compagnon, 404 000 femmes déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles par leur conjoint ou ex conjoint en 2010/2011.
A travers le monde des milliers de femmes voient leurs droits fondamentaux bafoués parce qu’elles sont femmes, droits à la liberté, à l’ éducation, à la dignité.
En France les lois existent mais à elles seules, elles ne suffisent pas à faire évoluer les mentalités et les comportements ; les chiffres sur les violences ne diminuent pas, les inégalités perdurent.
C’est pourquoi, le 8 mars, journée dédiée aux femmes, à Massy depuis de nombreuses années, un Collectif d’associations et de services municipaux propose des rencontres et des échanges afin de faire évoluer le regard porté sur les femmes.
A l’occasion de cette journée, nous souhaitons vivement associer Evelyne Mespoulhès qui s’était investie très tôt dans les luttes féministes et tout particulièrement contre les violences conjugales.
Elle nous a malheureusement quittés le dimanche 9 février.
Cette soirée lui sera dédiée.


Retour à la liste

Newsletter

Programme

Téléchargez le programme hebdomadaire

Cliquez ici

cinémassy

Place de France
91300 Massy
Exploitant : Xavier Blom

Equipement classé Art et Essai,
Labels Recherche et découverte et Jeune Public.
Trois salles équipées du numérique.